TOUT SAVOIR SUR LES NINJAS JAPONAIS
février 08, 2022

TOUT SAVOIR SUR LES NINJAS JAPONAIS

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Il est effectivement redondant de préciser « japonais » lorsque l’on mentionne le cas particulier du ninja dans l’histoire en ce sens où jamais celui-ci n’a connu d’analogue dans aucun pays que ce soit. En effet, le ninja s’inscrit dans le folklore japonais. Au gré de sa représentation dans les médias et dans l’histoire, on relate alors une figure quelque part mythique, à cheval entre une réalité très fantasmée et une légende noire du Japon qui, naturellement, fascine.

Avant de distinguer le vrai du faux et la romance de la réalité, il convient par conséquent de revenir plus en détail sur la figure du ninja dans son histoire.

 

ninja japonais

LES NINJAS, LOIN DE L'IMAGE QUE L'ON SE FAIT


Chacun a tendance à se représenter un ninja dans une combinaison noire, seuls ses yeux n’étant pas masqués. Celui-ci, alors, un sabre à la main, dans la nuit, s’en allait combattre ses adversaires de manière furtive et néanmoins frontale. Il va de soi que cette posture ne saurait être plus éloignée de la réalité.

Un ninja, en réalité, quand il doit tuer un adversaire, se veut un assassin. Or, un assassin a recours à des techniques discrètes et pernicieuses pour parvenir à ses fins et, de préférence, sans se faire prendre. Aussi, à moins d’être acculé et dos au mur, jamais un ninja ne s’est confronté à un quelconque adversaire de face.

La représentation médiatique qui était faite du ninja, alors, se voulait une version hybride – et largement romancée – à mi-chemin entre le samouraï et le véritable ninja. Il s’agissait de mieux captiver le spectateur avec des scènes d’action. Car, dans les faits, la vie des ninjas était autrement moins trépidante qu’il y paraît. Ceux-ci avaient certes un quotidien qui sortait de l’ordinaire, mais leur vie était dédiée à toute autre chose que l’action.

 

NINJA JAPON


LE SHINOBI ET LA KUNOICHI


En premier lieu, les ninjas n’ont pas toujours été qualifiés ainsi. L’appellation standard était alors « shinobi » et ce, à compter du 16e siècle, date à laquelle on situe leur émergence sur la scène politique.  Ils étaient choisis pour mener des missions moralement répréhensibles reposant sur la duplicité et la bassesse. En somme, les shinobis étaient des prototypes d’espions typiquement japonais.

Le plus célèbre d’entre eux – ce qui est truculent pour un espion censé être discret et inconnu de tous – était le fameux Hattori Hanzô. Il fut l’un des plus illustres shinobis existant et servait exclusivement sous les ordres du Shogun d’alors, Ieyasu Tokugawa, instigateur de la dynastie du même nom. C’est en effet avec l’essor de la dynastie Tokugawa que les shinobis furent mis à contribution, accomplissant alors une basse besogne jugée déshonorante par les militaires d’ailleurs composés de samouraïs.

De plus, les femmes étaient aussi mises à contribution. Elles portaient le nom de Kunoïchi. Par la séduction ou bien en occupant un emploi qui, à l’époque, était attribué à une femme, celles-ci parvenaient à infiltrer de nombreux lieux de pouvoirs, profitant ainsi de leur situation. Elles comptaient alors parmi les plus redoutables assassins qui soient.

 

ninja japonais


ASSASSINAT ET ESPIONNAGE CHEZ LES NINJAS 


Si, certes, les ninjas étaient amenés à conduire des missions d’assassinat, celles-ci n’étaient certainement pas aussi flamboyantes que celles affichées dans de nombreux films. Loin d’infiltrer un château ennemi en pleine nuit pour asséner un coup de sabre, un shinobi, le plus souvent, avait recours à des méthodes bien plus sournoises.

En premier lieu, pour être discret et, justement, pour ne pas être repéré, un shinobi ne portait jamais sur lui des armes ostensibles. D’autant que posséder un katana était formellement interdit pour toute personne n’appartenant pas à la caste militaire.

Aussi, par la ruse et la duperie, un ninja avait plus généralement pour habitude de dissimuler des objets tranchants de petite taille. C’est ainsi par exemple que les shurikens, ces fameuses étoiles de jet tranchantes, étaient souvent utilisées. Il est à noter néanmoins que le terme « Shuriken », à l’époque, ne désignait pas uniquement les étoiles aux lames tranchantes, mais tous les projectiles à lames que possédaient alors les ninjas.

Cependant, loin de n’avoir recours qu’aux armes, les shinobis usaient de maints recours, à commencer par les poisons pour mieux dissimuler leur assassinat. Cela, à condition d’être mandatés pour assassiner.

Car en effet, en tant qu’espion, un ninja était avant tout un infiltré qui recueillait des informations stratégiques pour les transmettre à son camp. Leur attribution était alors autrement moins attrayante que le laissait entendre les films concernant leurs missions.

 

ninja japon


LES GRANDES FAMILLES DE NINJA 


Contrairement aux espions classiques qui choisissaient cette voie par vocation ou bien encore au gré des circonstances, les ninjas l’étaient pour ainsi dire de naissance. Il existait en effet des familles de ninja où les enfants étaient éduqués aux arts shinobis dès le plus jeune âge. On retiendra par exemple les deux plus grandes familles ninja qu’étaient les clans Koga et Iga, réputés comme des familles rivales obéissant chacune à un seigneur différent.

La hiérarchie des Jônin, Chuunin et Genin utilisée dans le manga Naruto – qui relate une version fictive et délibérément romancée des ninjas – reposait alors sur un réel ordre hiérarchique instauré par ces familles.


L'OPOSITION DU SAMURAI ET DU NINJA 


Le samouraï, parce qu’il répond au code du Bushidô, est astreint à un code de l’honneur très strict dont il ne doit enfreindre aucune règle. Ces règles, inhérentes à la fierté pour beaucoup, proscrivaient les coups bas et les mesquineries. Pour un samouraï, la fin ne justifiait en aucun cas les moyens.

Aussi, les ninjas, eux, contrairement aux samouraïs, ne considéraient pas la mort comme un honneur, mais justement comme un déshonneur puisqu’ils ne pouvaient plus être utiles à leur maître. Le fait que les fictions aient si souvent opposé les ninjas et les samouraïs tient au fait que leur paradigme était alors antagoniste l’un à l’autre.

 

combat ninja japonais


Toutefois, dans les faits, les confrontations entre les deux ordres n’étaient que très rares voire inexistants. Un samouraï et un ninja qui obéissaient à un même maître travaillaient finalement de concert, chacun s’occupant de la tâche qui lui incombait. Toutefois, l’ordre des samouraïs, qui se voulait alors la noblesse militaire de l’époque, méprisait la caste des shinobis qui ne respectait aucun code de l’honneur.

Aujourd’hui, les ninjas ne sont plus que des légendes très lointaines. Avec l’aide du progrès technique et surtout, en s’inspirant des méthodes d’espionnage des pays européens, le Japon a considérablement rénové la manière dont opéraient ses espions. Il n’est pas exclu toutefois qu’avec une tradition familiale tournant exclusivement autour de la maîtrise des arts du shinobi, les espions japonais aient hérité de quelques méthodes d’espionnage typiquement japonais dans le cadre de leur métier.


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