mafia japonaise
avril 13, 2021

Mafia japonaise : tout ce qu’il faut savoir sur ces organisations

8 minutes de lecture

On ne saurait parler du Japon, sans évoquer le terme yakusas. Encore connue sous le nom de mafia japonaise, leur origine remonte au XVIe siècle. De nos jours, ils sont considérés comme l’une des plus grandes associations criminelles dans le monde. Toutefois, les membres de ce syndicat du crime sont des acteurs non-négligeables de la scène économique japonaise. Ils sont également très présents dans les domaines économique et social.

Côté organisation, la mafia japonaise est divisée en 4 principaux clans. Malgré cette division qui suggère des intérêts divergents, toutes les familles obéissent à une organisation hiérarchique très stricte. Sur le plan physique, ils se distinguent des autres individus de la société par leur code vestimentaire. De plus, les membres de cette association sont friands de Mercedes noire aux vitres teintées. Source d’inspiration pour la culture japonaise, l’univers des yakusas est un mystère que l’on souhaiterait percer.

Afin d’approfondir les connaissances sur les yakusas, nous aborderons dans un premier temps le fonctionnement de la mafia japonaise. Plus spécifiquement, nous parlerons du recrutement, de la hiérarchie, des règles à respecter et des sanctions en cas de fautes. Dans un second temps, nous décrirons de manière brève les 4 principales familles. Troisièmement, nous énumérerons quelques activités pratiquées par les membres de cette organisation. Et en bonus, nous citerons quelques œuvres artistiques inspirées de la vie des yakusas (films, mangas et jeux vidéo).

tatouage mafia japonaise

Comment fonctionne la mafia japonaise ?

Le yakusa regroupe des membres soucieux du bon fonctionnement et de la pérennitéde l’association. C’est dans cette optique, qu’ils ont mis en place des règles à respecter si l’on souhaite être membre de ce syndicat et le demeurer.

Le recrutement

Le recrutement de membres dans la mafia japonaise est une opération très délicate. En effet, c’est un processus très concurrentiel. De ce fait, les candidats désireux d’appartenir à l’organisation doivent présenter des atouts particuliers. Généralement, les membres sont recrutés par une famille dès le lycée. En ce qui concerne les origines, les adhérents viennent de milieux divers et variés. Dans la plupart des clans, les communautés burakumin et coréenne sont les plus représentées.

En se basant uniquement sur les compétences, les individus des deux sexes peuvent être recrutés. Très souvent, les qualités recherchées chez les hommes sont l’intelligence, la droiture, la minutie entre autres. Les femmes quant à elle, n’ont pas besoin de qualifications particulières. En effet, elles agissent dans l’ombre. Le plus souvent, elles gèrent les restaurants, les bars, les night clubs ou tous autres lieux de détente.

L’organisation hiérarchique de la mafia japonaise

La mafia japonaise attache une grande importance au strict respect de la hiérarchie. Structurellement, l’organisation hiérarchique des yakusas est pyramidale. Tout en haut de la pyramide, nous avons le chef du clan. Généralement, appelé oya ou oyabun les autres membres du syndicat lui doivent obéissance aveugle et fidélité inconditionnelle. Très souvent, ce titre se transmet de père en fils. Mais exceptionnellement, le patron du clan peut choisir une personne en qui il a confiance comme successeur.

Ne pouvant pas gérer le clan de manière efficace tout seul, l’oya s’est entouré d’un conseil. Communément appelé komon, il regroupe des avocats, des comptables… Ceux-ci ont pour mission de s’occuper de l’aspect administratif du clan. A la tête du conseil se trouve le saikō-komon, administrateur le plus proche du chef de clan.

En deuxième place dans la famille, on a le waka-gashira. Jouissant d’une grande autorité, il est chargé de diriger les cadres du conseil. Pour l’épauler dans sa tâche, il a un second le shatei-gashira. Ce dernier assure le relais entre le waka-gashira et les membres de rangs inférieurs. Le bas de la pyramide est composé des personnes de rangs intermédiaires ; des cadets(wakachū) ; des frères(kyōdai) ; des petits frères(shatei) et des apprentis(junkōseiin).

la mafia japonaise yakuza

Les règles à respecter dans les clans de la mafia japonaise

Le syndicat du crime japonais, est régit par une multitude de règles bien précises. En effet, dans cette organisation, tout est réglementé. Qu’il s’agisse de la manière dont on salue un membre de rang inférieur ou supérieur; de la manière de demander la parole lors des assemblées ; ou de la façon de s’adresser aux gens ; absolument tout, est très différent de la vie ordinaire en dehors de l’association.

Tout de même, les 9 règles considérées comme fondamentales dans la mafia japonaise sont les suivantes :

  • Ne pas offenser les citoyens qu’ils soient du clan ou pas
  • Il ne faut jamais convoiter la femme d’autrui
  • Ne jamais voler l’organisation
  • Ne jamais se droguer
  • Toujours obéir et respecter son supérieur
  • Être capable de mourir ou de faire de la prison pour le chef de clan
  • Ne jamais parler du groupe à quiconque
  • Si l’on est arrêté et mis en prison, ne jamais rien dire ; toujours garder le silence
  • Ne jamais tuer une personne surtout si elle n’appartient pas à la pègre.

yakuzas ceremonie

Le déroulement de la cérémonie d’intronisation

La cérémonie d’intronisation dans la mafia japonaise est une grande réjouissance non seulement pour les apprentis, mais aussi pour les membres. Généralement, avoir le statut de membre à part entière n’est pas du tout facile. Dans les différents clans, l’apprenant doit prouver qu’il est attaché aux valeurs et traditions de la famille. De plus, l’apprentissage dure 6 mois. Et ce n’est qu’à l’issue de cela, que les aspirants qui se sont montrés dignes seront intronisés.

Habituellement, la date du rituel est fixée en accord avec le calendrier lunaire. Quel que soit son rang, tout participant à cette cérémonie doit porter un kimono. Au moment de l’entrée, tous les participants sont alignés suivant un certain ordre et dans le silence total. Pour ce qui est de la salle de cérémonie, il s’agit d’une pièce traditionnelle. Sa particularité, est qu’elle possède un autel shintoïste et une table où sont rangés les cadeaux.

Lors de la cérémonie, l’oya et l’aspirant s’agenouillent en face des témoins. L’un près de l’autre, ils préparent ensemble un mélange de saké, de sel et d’arêtes de poisson. Ensuite, ils versent le liquide dans deux coupes bien distinctes. Puis, chacun boit une gorgée du contenu de sa coupe. Après cela, l’oya et l’aspirant s’échangent de coupe et chacun d’eux ingurgitent de nouveau une gorgée. Par cet échange, le nouveau membre scelle son appartenance à la famille.

Enfin, le chef du clan fait un discours dans lequel il souhaite la bienvenue au nouveau membre. Très souvent, il profite aussi pour rappeler aux différents membres présents les principes de la famille. Pour marquer leur accord, ils crient tous en cœur « Omedetō gozaimasu »

Remarque : la coupe du nouveau membre est appelée Oyako Sakazuki. S’il souhaite quitter la famille, il suffit qu’il rende la coupeà son chef.

arrestation yakuza

Les différentes sanctions de la mafia japonaise

Afin de dissuader les membres de la mafia japonaise d’enfreindre le règlement, il existe des sanctionsproportionnelles aux fautes commises. L’une d’elle est dénommée Yubitsume. En effet, s’agit d’une cérémonie de départ ou de licenciement. Au cas où un membre enfreint le code d’honneur, il doit se mutiler le petit doigt lui-même. Ensuite, il l’offrira au chef clan. De plus, il devra rendre sa coupe reçue pendant l’intronisation.

En cas de récidive, il devra à nouveau se couper un doigt pour se faire pardonner. Lorsque le doigt est offert au chef du clan, il est qualifié de doigt mort (shini-yubi). Dans certaines circonstances, on peut aussi offrir le doigt coupé à un autre clan pour résoudre un problème. Dans ce cas, on l’appelle iki-yubi (doigt vivant).

En cas de faute très grave, la coupable reçoit une lettre d’exclusion assez particulière. Connue sous le nom de Hamonjyo, elle l’empêche également d’intégrer une autre famille. En fonction de la couleur de l’encre, elle peut traduire une exclusion temporaire (noir) ou définitive(rouge). Enfin, la réglementation en vigueur prévoit un suicide par éventration lorsqu’il s’agit d’une disgrâce trop grande.

Les principales familles de la mafia japonaise

A ce jour, on dénombre 4 grandes familles de mafia japonaise. Même si les règles de base sont semblables, chaque clan a tout de même ses particularités.

Mafia japonaise Yamaguchi-gumi

Mafia japonaise Yamaguchi-gumi

Le Yamaguchi-gumi représente actuellement la plus grande famille mafieuse au Japon. Elle doit son nom à son créateur Harukichi Yamaguchi. Créé en 1915, ce clan, dont le siège initial se trouve à Kōbe a étendu ses activités dans tout le pays. Et même au-delà des frontières. On pense qu’elle mènerait également des opérations en Asie et aux États-Unis. Malheureusement, à cause des conflits internes et des lois antigangs, le clan a éclaté en deux au cours de l’année 2015. Le groupe sécessionniste a conservé le siège de Kōbe. Le clan de base, quant à lui, s’est vu dans l’obligation de trouver un nouveau siège à Tokyo.

 Mafia japonaise Sumiyoshi- rengō

En considérant le nombre d’adhérent, cette famille est la deuxième plus importante. Lors du dernier recensement en 2013, ce clan était constitué de 9500 membres. A la tête de cette famille se trouve un chef nommé Hareaki Fukuda. Contrairement à la plupart des familles, ce dernier partage son pouvoiravec les autres membres de l’association.

 

Mafia japonaise Inagawa-kaï

Organisation constituée de 5000membres, cette famille est la troisième plus importante du point de vue des effectifs. Malgré cet effectif réduit, cette association est très ambitieuse. En effet, elle fait partie des premiers clans à avoir essayé des opérations hors du Japon. Actuellement âgé et malade, le chef Kakuji Inagawa sera certainement remplacé par son petit-fils Kakuji Inagawa après sa mort.

Mafia japonaise Tōa Yuai Jigyō Kummiai

Constituée majoritairement de coréens, cette famille a été fondée par Hisayuki Machii en 1948. Aujourd’hui elle compte environ 1000 membres ayant à leur tête Satoru Nomura. Selon certaines sources, leur siège serait basé à Tokyo.

yakuza femme sexy

Quelques activités pratiquées par les membres de la mafia japonaise.

L’économie est un aspect très important pour le bon fonctionnement de la mafia japonaise. Afin de subvenir aux besoins de ses membres, cette organisation mafieuse développe des activités à but lucratif. Les plus rentables sont les suivantes : 

La lutte professionnelle : ici, les membres du clan ne participent pas directement au combat. Très souvent, les clans sont les propriétaires des arènes et stades où se déroule le spectacle. Ainsi, ils se font de l’argent en touchant un pourcentage sur les entrées.

Les jeux et paris divers :c’est un secteur d’activité très lucratif au Japon. Grace à leur position stratégique dans le pays, la mafia se fait énormément d’argent avec des tournois de sumo, les courses (chevaux et automobiles) ainsi qu’à la loterie et aux casinos. Ils contrôlent aussi des salles de pachinko.

La prostitution : l’industrie du sexe au Japon est principalement gérée par les yakusas. D’une part, il y a des femmes qui se prostituent par obligation. Et d’autre part, il y en a qui le font de manière volontaire. L’objectif étant soit d’améliorer leur condition, soit de s’offrir des objets de grande valeur.

Les trafics de tout genre :notamment le trafic de drogue, le trafic d’armes et aussi l’immigration clandestine. Bien qu’illégales et de ce fait exercé clandestinement, ces activités rapportent des milliards à la mafia japonaise chaque année.

En bonus, quelques œuvres artistiques inspirées de la mafia japonaise

En se basant sur la vie des yakusas, les auteurs, scénaristes et concepteurs de jeux vidéo, ont produits des chefs d’œuvre. Dans le monde du cinéma, les films qui ont connu un grand succès auprès du public sont : « Guerre des gangs à Okinawa » ; « cochons et cuirassés » ; « the yakuza » ; « black rain » ; « crying freeman « ; et « samurai fiction » dans les années 1900. Plus récemment, nous avons : « Aniki, mon frère » ; « outrage » ; « outrage coda » ; « the outsider » ; « first love ».

Pour ce qui est des mangasnous avons: “gokusen”; “my boss, my hero” ; “twittering birds never fly” ; “like the beast” ; “heat”. Les jeux vidéo ne sont pas en reste avec la série des yakusas ; le jeu payday 2 ; le jeu yandere ; le jeu danganronpa…


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