AMATERASU, LA DEESSE JAPONAISE DU SOLEIL
novembre 02, 2021

AMATERASU, LA DEESSE JAPONAISE DU SOLEIL

6 minutes de lecture

Très peu populaire dans nos contrées, la religion shintoïste, au Japon, est autrement plus présente qu’on le croit dans la vie de ses habitants. En effet, cette religion est garnie d’un panthéon étoffé d’une myriade de dieux aussi divers que varié. Il présente des dieux plus importants que d’autres au regard du rôle qu’ils occupent. C’est notamment le cas de la déesse Amaterasu. Celle-ci, occupe une place centrale dans la mythologie shintoïsme, et, par conséquent, dans la culture nippone en règle générale.

Mieux connaître le Japon, c’est aussi et avant tout mieux connaître ses rites et ses traditions. La déesse Amaterasu, ainsi que les légendes se rapportant à elle, sont autrement plus importantes au Japon qu’on le croit (assez pour avoir en tout cas influencé indirectement la construction politique du pays depuis son origine).

Ainsi, qui était la déesse Amaterasu ? C’est ce que nous chercherons à vous faire découvrir dans cet article. Et à mesure que vous en apprendrez davantage sur son histoire et son rôle, vous comprendrez alors mieux certains aspects du Japon qui vous échappaient jusqu’à lors.

amaterasu


RETOUR SUR LE SHINTOISME


Contrairement à la croyance populaire, le Japon, sur le plan religieux, ne s’en remet pas exclusivement au bouddhisme. Le bouddhisme est en effet une religion venue d’outre-mer, importée au 6e siècle après J.C mais avant son arrivée, les japonais possédaient déjà une religion qui était propre à leur culture.

En effet, le shintoïsme se rapporte exclusivement à l’histoire du Japon, il est consubstantiel à la culture de ce pays bien spécifique. Aussi, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’une religion si imbriquée dans l’histoire du pays subsiste encore jusqu’à ce jour. On compterait environ 90 millions de shintoïstes au Japon. Chacun pratiquant les rites lors d’occasions spécifiques, qu’il s’agisse de mariage, d’enterrement, ou bien de matsuris, ces festivals japonais si réputés.

Le shintoïsme est une forme d’animisme polythéiste, les dieux compris dans sa mythologie sont innombrables et tous relèvent d’un domaine particulier dans la nature. Ces divinités sont appelées kamis, on les trouve en toute chose et en tout lieu. Un objet, par exemple, peut avoir un kami lui étant associé.

Certains kamis, toutefois, sont autrement plus illustres que d’autres, notamment ceux se rapportant aux éléments et aux astres. Ceux-là, en effet, sont concernés par de nombreux récits mythologiques se rapportant à leur rôle dans le panthéon. On leur attribue même parfois des rôles historiques plus ou moins importants.

 

dieux japon


Comme pour de nombreuses religions instituées, le shintoïsme bénéficie de certains textes sacrés où sont recensés ses rites et ses légendes. Les textes principaux sont alors le Kojiki et le Nihon Shoki, mais il en existe bien d’autres venus compléter les rites au fil des siècles.

Au milieu de toutes les légendes se rapportant à la religion shintoïste, la figure d’Amaterasu est alors centrale. Assez pour être la plus connue au monde.


LE SOLEIL, UN ASTRE ESSENTIEL DANS LA CULTURE JAPONAISE


Avec Amaterasu comme personnage central du dogme shintoïste, le soleil, au Japon, revêt une importance toute particulière qu’il convient de ne pas négliger pour mieux comprendre la culture associée au pays. En effet, le shintoïsme est une religion solaire, le soleil, du fait de son rôle et de sa symbolique, occupe dans la culture nippone une signification primordiale. Une signification qui, alors, se veut aussi le socle de la culture et de l’histoire nationale du Japon.

 

SOLEIL JAPON


Parce que le soleil se lève à l’est et que les japonais, jusqu’au 18e siècle, ignoraient qu’il existait des territoires plus à l’est de leurs archipels, le Japon, alors, se présentait comme le pays du soleil levant. Le pays du soleil levant se veut une expression encore employée à ce jour tant elle était usitée en des temps reculés, au point même de s’ancrer dans les mœurs.

Aux alentours de 500 après J.C. l’empereur japonais avait adressé une missive à l’empereur chinois avec pour introduction « l’empereur du pays où le soleil se lève envoie une lettre à l’empereur du soleil où le soleil se couche ». Ainsi, le Japon, en utilisant le soleil d’Amaterasu comme figure allégorique, se présentait comme l’avenir quand la Chine, selon eux, ne représentait alors plus que le passé.

Le soleil, dès lors, aura joué un tel rôle dans la culture japonaise que celui-ci figure comme élément central du drapeau national encore à ce jour. La déesse Amaterasu, au Japon, est en effet si centrale dans l’histoire nippone que même la principale emblème nationale du pays se charge de la représenter avec un soleil rouge sur un fond blanc. Cela, seulement, témoigne de l’importance du shintoïsme et notamment de sa figure majeure au Japon.


L’HISTOIRE D'AMATERASU 


La déesse Amaterasu n’aurait su être amalgamée aux autres kamis du panthéon qui la concerne. Bien qu’elle fut l’une des principales kamis de la mythologie shintoïste, Amaterasu n’est cependant pas la première divinité à être apparue. En effet, Izanagi et Izanami, les kamis créateurs de l’univers, en sont à l’origine.
Izanagi, notamment, en lavant son œil gauche alors qu’il se baignait, aurait ainsi donné naissance à la déesse Amaterasu. Celle-ci eut alors comme frères Tsukuyomi et Susanoo, nés respectivement de l’œil droit et du nez d’Izanagi.

Tsukuyomi était alors la divinité se rapportant à la lune tandis que Susanoo se voulait le kami assimilé à la mer et aux tempêtes. Ce dernier, du fait de ses attributions, était réputé brouillon et colérique, contrastant avec le tempérament chaleureux et doux de Amaterasu.

Par la suite, Amaterasu fut appelée à régner au Royaume des dieux, aussi appelé littéralement « Haute plaine du paradis ». Haut perchée dans le ciel,, elle rayonna au-dessus de la terre. Aussi, Amaterasu no kami est reconnue comme créatrice des rizières, des cultures de blé et du ver à soie, synonymes de prospérité au Japon.

 

japon


En un sens, Amaterasu est très semblable à la divinité grecque Zeus. Comme lui, elle n’est pas un dieu originel en ce sens où Zeus aussi descendait d’autres divinités, en l’occurrence les Titans. Et de même que Amaterasu règne dans le Royaume des cieux, Zeus administrait l’Olympe. En revanche, la déesse du soleil se contentait elle d’illuminer la Terre là où Zeus la gratifiait de sa colère en y faisait s’abattre la foudre.


AMATERASU ET LE MYTHE DE LA GROTTE CELESTE


De tous les mythes associés à la déesse Amaterasu, et ceux-ci sont nombreux, il en est un tout particulier qui retient l’attention des shintoïstes au regard de son importance symbolique. On l’appelle le mythe de la grotte céleste.

L’histoire advient lorsqu’Amaterasu administre le Royaume des cieux. Alors que tout y était paisible, son frère, le redouté Susanoo, en fut banni par Izanagi. En effet, Susanoo, du fait de sa fureur continuelle, représentait une menace pour les kamis comme pour les hommes.

Bien décidé à ne pas en rester là, le kami des tempêtes vînt alors défier sa sœur Amaterasu. Celui-ci, en effet, jalousait ses privilèges accordés par Izanagi. Le combat fit rage entre les deux, et Susanoo ravagea les rizières en plus d’infliger de nombreux autres tourments à la Terre.

Afin d’échapper à son courroux, Amaterasu alla se cacher dans une grotte. Mais son départ engendra les ténèbres puisqu’elle n’illuminait plus la Terre et les cieux. Les kamis les plus influents se réunirent alors afin d’essayer de la faire revenir grâce à un plan. En s’en remettant à la déesse de la joie Ame no Uzume, ils cherchèrent à appâter Amaterasu avec des rires et des danses.

Intriguée, la déesse sortit de sa caverne céleste pour être alors éblouie par son reflet et extraite de force par les autres kamis. C’est alors à cette légende que l’on attribue le cycle solaire ainsi que les tempêtes qui, lorsqu’elles surviennent, éclipsent le soleil de leurs nuages.


LA DEESSE AMATERASU ET LA LIGNEE IMPERIALE


Au-delà des mythes et des légendes, le shintoïsme recouvre une importance symbolique qui a des effets jusque dans la politique du pays. La religion, en effet, a souvent accompagné le pouvoir temporel dans les différentes cultures existantes et e Japon, alors ne fait pas exception à la règle.

 

japon



Pour s’arranger le soutien des masses, les plus grands seigneurs féodaux du Japon, de tout temps, n’hésitaient pas à invoquer le nom de kamis, se revendiquant alors parfois d’Amaterasu pour certains. Certains emblèmes claniques, en effet, faisaient déjà figurer le soleil rouge d’Amaterasu bien avant que celui-ci ne soit associé au drapeau national.

Mais Amaterasu occupait un rôle plus primordial encore au Japon. Les mythes qui l’entouraient supposaient que celle-ci avait donné naissance aux premiers empereurs que compta le pays. Aussi, à mesure que la dynastie perdurait de génération en génération, on en venait alors à considérer que l’empereur, à n’importe quelle époque, était descendant direct de la déesse du soleil.

Cette simple légende, ancrée dans les mœurs au point de relever de la croyance populaire, signifiait énormément pour le peuple et les élites japonaises. Car si l’empereur du Japon était descendant de la déesse du soleil, cela signifiait que, lui aussi, était un dieu vivant.
Le simple fait de toucher l’empereur ou même de le regarder était considéré comme une offense pouvant être punie de la mort. Grâce à l’aura étincelante d’Amaterasu, celle-ci aura doté le pouvoir impérial d’alors d’une puissance symbolique que peu de seigneurs auraient osé contester. Ce qui eut une influence directe sur la politique du pays.


Laisser un commentaire

Les commentaires sont approuvés avant leur publication.

Soyez au courant